Le célèbre buste

Le célèbre buste, son origine, la polémique

Le buste, le vrai, le faux comment s'y retrouver

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Le buste de Berlin : polémique, réclamation.Depuis la découverte du buste de Néfertiti à Amarna par l’archéologue Borchardt en 1912, les polémiques n’ont jamais cessé. Sorti d’Égypte plus ou moins légalement, le buste fut caché pendant plusieurs années avant d’être exposé au public. Zahi Hawass a souvent réclamé son retour au pays. Régulièrement, les doutes sur son authenticité refont surface. Henri Stierlin a longuement enquêté sur le buste. Il est convaincu qu’il s’agit d’un faux réalisé par Borchardt. L’objet n’aurait jamais dû être dévoilé au public. La découverte du buste et le partage douteux des trouvailles. La date officielle de la découverte du buste de Néfertiti est le 6 décembre 1912 dans les ruines de l’atelier du sculpteur Thoutmosis. Et Borchardt ne publiera un compte rendu de la découverte que plusieurs années plus tard.

Ce fut un temps où les missions archéologiques et les Antiquités égyptiennes se partageaient les découvertes. En 1913, le directeur du musée du Caire de l’époque, le Français Gustave Lefèbvre, fut chargé de faire le partage. Or, il attribua le buste aux Allemands. Borchardt peut officiellement partir à Berlin avec le buste de Néfertiti. Jusqu’en 1924, l’objet reste invisible. Mais il est  à l’abri dans la maison de James Simon, le mécène de Borchardt. En 1925, pour la première fois l’Égypte demande la restitution du buste, sans succès. L’affaire est enterrée avec le chancelier de l’époque. L’Allemagne a toujours refusé de rendre l’objet ou de le prêter. Un œil complet fait d’incrustations manque alors que la cavité auriculaire est parfaitement propre et finie. Cette anomalie visuelle et esthétique embête. Pourquoi le sculpteur n’aurait-il pas terminé son œuvre ? En Égypte ancienne, cette anomalie n’existe pas. En Égypte ancienne, un buste n’a pas les épaules coupées ou alors qu’à de rares exceptions. Borchardt affirmait que le buste est entièrement en calcaire L’affirmation de l’archéologue s’appuyait sur quelle analyse ? Il pouvait uniquement supposer, mais pas l’affirmer. Aujourd’hui nous savons que le buste a un noyau de calcaire recouvert d’une épaisse couche de plâtre. L’équipe archéologique de Borchardt avait découvert un abondant stock de minéraux pour les pigments de couleurs, la pierre calcaire étant disponible à Amarna. Il était théoriquement possible de créer de toutes pièces un buste pour retrouver les techniques des artistes d’Akhenaton. Il existait au début du 20e siècle d’excellents faussaires.

Cependant un détail saute aux yeux : Un visage et un cou exagéré long et non conforme à l’art amarnien.  Le cou anormalement allongé, la lourde couronne, les traits des yeux, de la bouche, du nez qui seraient trop accentués et qui s’éloignent des autres têtes de la reine. Des analyses qui ne révèlent rien de faux. La pierre, le plâtre, les pigments ont été testés et analysés. Ils sont authentiques et correspondent aux matériaux utilisés à l’époque d’Akhenaton. Mais il est impossible de dater la fabrication de l’objet en l’absence de débris végétaux, indispensables pour une analyse au Carbone 14. Le collier floral qui orne la poitrine est une composition de pétales de lotus et de mandragores. Les égyptologues ne connaissaient pas ce type de collier à l’époque de la découverte (commentaire de J-P Cortegianni, « Les mystères du buste de Néfertiti », France 3, 28 décembre 2011). La parfaite conservation du buste n’est pas une exception ! Les archéologues ont découvert de nombreuses statues pharaoniques parfaitement préservées. A mon avis le buste fut volontairement ensevelis par Thoutmès afin qu’il échappe aux mains destructrices des prêtres d’Amon. Les épaules coupées et l’œil manquant, pas si atypique que cela. Le fait que le buste ait les épaules coupées n’est pas un argument d’une quelconque falsification. Quant à l’œil manquant, il n’est pas rare qu’une œuvre égyptienne ne soit pas terminée. Si ce buste est un modèle, cette absence peut aussi s’expliquer facilement.  L’œil manquant, les épaules coupées constituent deux éléments rares dans l’art égyptien, mais pas absents. L’état de conservation ne peut être un argument en faveur du faux car des statues bien plus anciennes sont intactes. Deux détails de style purement égyptien, qui n’était pas connu en 1912, plaide en faveur de l’authenticité de l’œuvre : la composition du collier floral et la grille de proportion. En conclusion : le buste est authentique et fut réalisé durant le règne d’Akhenaton à Amarna ou à Thèbes et qu’il a pu servir de modèle aux autres statues de la reine. Or la reine était malade atteinte d’un mal inconnu. Donc il n’est pas impossible que le sculpteur ait fait un visage plus vivant de la reine et non pas celui d’une femme souffrante.

Le vrai visage de Nefertiti, celui d'une reine souffrante