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Nefertiti peut-être découverte

Sur la piste de Néfertiti ?

Bernadette Arnaud

Par Bernadette Arnaud

Publié le 09-08-2015 à 15h00

 

Serait-on sur le point de retrouver Néfertiti, la célèbre reine d’Egypte ? Un égyptologue britannique de réputation internationale vient d’émettre une extraordinaire hypothèse : sa sépulture pourrait se trouver dans deux chambres inconnues dissimulées à l’intérieur du tombeau du pharaon Toutankhamon ! Un scénario pris très au sérieux.

Buste de Néfertiti découvert sur le site d'Armana, en Egypte, en 1912. Crédit : DR

Buste de Néfertiti découvert sur le site d'Armana, en Egypte, en 1912. Crédit : DR

 

Les murs de la célèbre chambre funéraire du pharaon Toutankhamon (KV 62), dans la vallée des Rois, près de Louxor en Egypte, cacheraient-ils un autre immense secret depuis plus de 3300 ans ? Oui, à en croire Nicholas Reeves, un égyptologue britannique, qui vient de publier un article dont le contenu fait frissonner d’impatience. Selon lui, deux pièces inconnues pourraient en effet se trouver derrière les décors peints de la chambre principale, dont l’une abriterait peut-être… Néfertiti (1370-1333 av.J.C) célébrissime souveraine d’Egypte, épouse du pharaon Akhénaton, père de Toutankhamon.  

SPECIALISTE. Cette hypothèse n ‘a rien à voir avec les scenarii farfelus qui fleurissent régulièrement dès qu’il s’agit de tombeaux ou de pyramides égyptiennes ! Nicholas Reeves est, en effet, l’ex-directeur du « Projet Royal des Tombes d’Amarna », autrement dit l’un des meilleurs spécialistes de la vallée des Rois et des souverains de la XVIIIe dynastie. Et s’il pense que deux pièces encore inexplorées peuvent se trouver à l’arrière de l’unique chambre décorée du tombeau de Toutankhamon (1332-1323 av. J.C), cela vaut la peine de tendre l’oreille !

Nicholas Reeves avait déjà été le découvreur en 2000 d’un tombeau intact dans cette même vallée, et ses nouvelles révélations font suite à l’étude minutieuse de relevés photographiques en haute définition. Ceux-ci ont été effectués par la société Factum Arte lors de la réalisation du fac-similé du tombeau de Toutankhamon, aujourd’hui installé à proximité de l’ancienne maison d’Howard Carter, son célèbre découvreur en 1922 (lire Sciences et Avenir n° 807).

Deux portes dissimulées

L’Egyptologue aurait décelé dans ces images ultra-précises (résolution entre 100  et 700 microns) ainsi que des relevés 3D, un certain nombre de fissures et de tracés linéaires sous la texture des couches de peintures qui ornent les murs du tombeau d’origine. Ceux-ci suggéreraient la présence de deux portes dissimulées.  Sur quoi pourraient-elles bien ouvrir ? Selon Reeves, certaines bizarreries qui ont toujours intrigué les spécialistes depuis qu’elles ont été recensées parmi les objets somptueux retrouvés dans la tombe de Toutankhamon, pourraient apporter quelques indices.  A commencer par les oreilles percées du masque du célèbre sarcophage en or. Etait-il dès l’origine destiné au jeune pharaon de la XVIIIe dynastie (Nouvel Empire), où bien l’avait-il été pour une femme comme le voulait la coutume ? Et de quelle femme pourrait-il s’agit sinon d’une princesse… voire une reine ?

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Intérieur du tombeau de Toutankhamon (KV 62) dans la vallée des Rois. Emplacement des deux pièces supposées (X et Y) présentes  derrière les murs ouest et nord de la chambre funéraire. L’unique pièce décorée de la sépulture pharaonique. Copyright : Theban Mapping Project / Nicholas Reeves.

Les sépultures d’un grand nombre de reines d’Egypte n’ont en effet toujours pas été découvertes. Et parmi celles-ci, les archéologues sont toujours à la recherche des momies royales des souveraines de la XVIIIe dynastie à laquelle appartenait Toutankhamon, et Néfertiti, l’épouse de son père Akhénaton. Pour Nicholas Reeves, il y a fort à parier que c’est elle qui se cache derrière l’un de ces murs, dans une sépulture qui pourrait être aussi fastueuse que celle de l’enfant-roi.

Si j’ai raison, cette découverte pourrait être la plus grande jamais faite !" - Nicholas Reeves

Preuve de sa potentielle pertinence, l’hypothèse audacieuse de Nicholas Reeves a retenu l’attention de l’archéologue américain Kent Weeks, qui travaille dans la vallée des Rois depuis 1995, et à qui l’on doit la très belle découverte des 53 fils de Ramsès II (KV 5), le grand pharaon du Nouvel Empire (1600 à 1100 av. J.-C.). « La théorie de Nicholas Reeves pourrait être facile à contrôler. Un simple balayage radar permettrait de vérifier, au moins dans un premier temps, la présence ou non de ces cavités », a-t-il confié à l’hebdomadaire The Economist. Ce à quoi Nicholas Reeves a aussitôt répondu : « Si je me trompe, je me trompe ! Mais si j’ai raison, cette découverte pourrait être la plus grande jamais faite !». Pour l’heure, une demande d’autorisation pour effectuer des sondages aurait été déposée auprès des autorités égyptiennes qui n’auraient pas encore fait connaître leur réponse.

Néfertiti, illustre... et inconnue
Si l'on ne compte plus les apparitions de Néfertiti dans la statuaire où sur les bas-reliefs en compagnie de son époux Akhénaton, on sait finalement très peu de choses sur cette reine dont le nom signifie « la Belle est venue ». De la tombe royale qui lui fut dédiée à Amarna, aucun indice ne permet de dire qu’elle y fut réellement inhumée. Son corps, de même que celui d’Akhénaton, aurait-t-il été transféré à Thèbes, l’antique Louxor, pour des raisons politiques ? On peut se prendre à rêver…et espérer que sa momie, peut-être intacte, soit bientôt découverte.

Article importé en intégralité depuis Sciences et Avenir

 

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